11 mars 2013. Voilà une date qui aurait pu être importante pour tous les défenseurs des animaux en Europe. En effet, c'est LE jour où l'Union Européenne doit définitivement interdire la commercialisation sur son territoire des cosmétiques testés sur les animaux, ingrédients et produits finis confondus.
D'ailleurs j'avais déjà écrit au mois de décembre
un post à ce sujet. Oui mais voilà, cette belle initiative, prise en 2003, est complètement ternie depuis 2007 par l'adoption du règlement REACH...
Les premiers bémols
La directive interdisant la vente de produits testés sur les animaux ne s'appliquera qu'à l'Europe. Ce qui signifie que les marques pourront continuer à vendre hors de l'espace européen des cosmétiques ayant fait l'objet de tests sur les animaux, notamment sur le marché chinois dont la réglementation impose ces tests.
De plus, cette directive ne s'applique qu'aux substances uniquement utilisées dans les cosmétiques, ce qui ne représente qu'environ 10% des matières premières.
Les 90% restantes étant utilisées en cosmétique ET dans d'autres domaines ne sont pas concernées par cette interdiction et peuvent tomber sous les obligations du règlement REACH.
Le règlement REACH
Entré en vigueur le 1er juin 2007, c'est le règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques (Registration, Evaluation and Authorisation of CHemicals).
Le but de ce règlement est de contrôler les 30 000 molécules mises sur le marché avant 1981 et n'ayant jamais fait l'objet d'expertises toxicologiques. La charge est laissée aux industriels de prouver l'innocuité des substances qu'ils emploient.
Les objectifs principaux sont les suivants :
- protéger la santé humaine et l'environnement,
- améliorer la compétitivité de l'industrie chimique européenne,
- améliorer la transparence,
- diminuer les tests sur les animaux.
Sur ce dernier point, le règlement
REACH insiste sur l'utilisation de méthodes alternatives à l'expérimentation animale dès qu'elles existent et sont validées, et sur le
partage des informations pour réduire le nombre de tests.
Deux dates ont été fixées aux industriels pour rendre leur dossier : le 31 mai 2013 pour les plus gros fabricants (plus de 100 tonnes de composés chimiques produits) et le 31 mai 2018 pour les plus petits.
Les chiffres derrière REACH
On ne peut pas reprocher à ce règlement de vouloir assurer une meilleure protection de l'homme et de l'environnement. Mais les chiffres présentés pour y arriver ne sont pas des plus réjouissants.
Selon un rapport du CNRS de 2009, rien que pour les tests de cancérogénécité, les études réglementaires imposent des lots de 100 animaux pour chaque dose testée !
20 millions d'animaux seraient nécessaires pour réaliser l'ensemble des tests de reprotoxicité !
Dans un rapport repris par le magazine Nature le 26 août 2009, le chiffre accablant de 54 millions d'animaux utilisés est avancé pour répondre aux exigences du règlement REACH !
Quand on sait que beaucoup de ces tests ne sont pas transposables à l'Homme, on est en droit de se demander à quoi sert ce massacre...
