Cosmétiques bio & sans cruauté
Recettes & produits végés

17 avr. 2015

Témoignage de Fabrice, végane et activiste à Sea Shepherd Global

Pour ce nouveau témoignage, je suis vraiment très contente de vous présenter celui de Fabrice, officier de la marine marchande de 36 ans, qui non seulement est végane mais aussi activiste dans l'ONG Sea Shepherd Global.

sea shepherd global


  • Peux-tu expliquer en quoi consiste ton engagement en faveur des animaux ? Depuis combien de temps as-tu commencé ?
A un niveau personnel, mon engagement c'est d'abord être végan, donc, d'avoir changé mes habitudes de vie et de consommation. C'est répondre aux questions de mon entourage à ce sujet, exposer mes raisons, ou essayer de leur faire découvrir des documentaires. Comme j'ai des enfants, j'essaie aussi de les sensibiliser et de les intéresser à mes recettes de cuisine. En ce qui concerne mon activité, je m'investis dans une ONG d'action directe, Sea Shepherd Global, dont le but est de sauver des animaux marins ( des baleines aux concombres de mer), et qui fait également la promotion du véganisme.

  • Quelles sont les raisons qui t'ont motivé ?
On pourrait appeler ça un mouvement de révolte de voir aussi bien les gens que nous sommes, que les animaux que nous élevons, traités comme de vulgaires marchandises. Tout est sacrifié au profit. C'est triste pour nous comme pour les vaches. Quand je vois les porcs engraissés et conduits à l'abattoir, je vois Dupond gavé de fast food qui donne son temps et sa vie pour le bénéfice de sa compagnie. Je suis choqué de l'absurdité, du manque de liberté, de la laideur de notre société. C'est donc parce que je me sentais contraint, prisonnier d'une vie dans laquelle je ne me reconnaissais pas, que j'en suis venu par étapes au véganisme. J'avais besoin d'un rapport à mon environnement radicalement différent. Pour résumer, j'ai trouvé qu'il y avait plus de respect de soi et des autres, plus de bon sens, plus de joie de vivre, plus de satisfaction, plus l'amour surtout et moins d'isolement à envisager les choses selon une perspective végane. Nous ne pouvons pas nier les animaux sans nous renier nous-mêmes. Envisager la vie dans toute sa beauté et son essence, c'est repenser la place de l'homme parmi les êtres vivants. S'intéresser aux animaux c'est s'intéresser aux oubliés, et j'avais l'impression que nous étions tous des oubliés.

  • Depuis combien de temps es-tu engagé au sein de Sea Shepherd ? Qu'y fais-tu ?
J'ai rejoint Sea Shepherd il y a 3 ans, d'abord comme bénévole à terre, pour des événements de sensibilisation et de collecte de fonds. Il y a 2 ans, j'ai embarqué aux îles Samoa sur le Brigitte Bardot, comme chef mécanicien. Le but du navire à cette époque était de protéger le fondateur de l'ONG, Paul Watson, qui faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol. On se faisait discret donc, pendant que la justice suivait son cours, jusqu'à ce qu'on puisse enfin débarquer Paul Watson en toute sécurité à Los Angeles.
Par la suite, j'ai été capitaine sur le Jairo Mora Sandoval (du nom d'un écologiste costaricien qui s'est fait assassiner, et dont les meurtriers ont échappé impunément à la justice). Ce bateau était au Sénégal, pour une campagne contre la pêche illégale, menée de concert avec les autorités du pays. Mais ces autorités corrompues se sont vite retournées contre nous. Après les menaces des militaires, donc, après qu'ils sont venus à notre bord de nuit pour nous voler du matériel, après aussi qu'ils avaient incendié un navire d'une asso locale qui collaborait avec nous, nous nous sommes finalement réfugiés aux îles du Cap Vert.
Depuis un an, nous y travaillons en partenariat avec d'autres associations locales de protection de l'environnement à l'étude et au recensement de certaines espèces endémiques de ces îles. Nous avons également mené campagne pour la protection des tortues de mer.
Avec de la chance, j'aimerais participer à la prochaine campagne aux îles Feroés cet été, contre le massacre "rituel" des baleines pilotes.

  • Ton véganisme découle-t-il de cet engagement ou est-ce l'inverse ?
Les deux. Je me suis d'abord engagé pour l'écologie, puis plus précisément pour la cause animale. Suite à ça je suis devenu végétarien pendant deux ans, et seulement après végan. Mais d'un autre côté, on peut dire que ce changement de choix alimentaires a contribué à développer ma sensibilité, et à renforcer mon engagement.

  • Comment as-tu procédé, par étape en éliminant certains aliments ou directement en adoptant l'alimentation végéta*ienne ?
Quand je suis devenu végétarien, ça a été d'un coup. J'ai immédiatement banni la viande et le poisson, et cela ne m'a plus jamais manqué. En revanche, je suis devenu végétalien plus progressivement. La raison, c'est qu'en devenant végétarien, j'avais d'abord cru que c'était suffisant et qu'aller au ­delà serait se montrer plus royaliste que le roi. Ensuite j'avais une mauvaise image des végans qui m'énervaient à se montrer trop moralisateurs, ou tatillons, par exemple, en rechignant à se servir d'un couteau qui avait déjà servi à beurrer une tartine. Néanmoins, en continuant à me documenter sur l'élevage, j'en suis venu, sans me forcer, à bannir aussi le lait, le fromage et les oeufs. Pendant une période, je consommais encore quelques produits auxquels j'étais « accro », comme les sauces à émulsion (mayonnaise, béarnaise etc...) qu'on trouve en supermarché, et la crème fraîche que j'avais autrefois l'habitude de manger à la petite cuillère. Grâce à la découverte de nouvelles recettes, j'ai finalement arrêté d'acheter ces produits aussi.

  • Quelle est ta recette et/ou ton produit végéta*ien préféré ? 
Le seitan, cuit au four dans sa marinade avec de la purée, ça me rend fou !

  • Ton entourage partage-t-il tes convictions ? Participe-t-il avec toi ? 
Quand j'ai expliqué à ma femme que je souhaitais ne plus manger de viande, elle a aussitôt appelé nos deux filles (de 8 et 6 ans) dans la cuisine pour leur annoncer la nouvelle, d'un ton très grave et solennel. Les enfants se sont aussitôt mis à pleurer. J'étais vraiment dépité par cette scène que je n'avais pas anticipée. Par la suite, c'est resté difficile avec ma femme. Elle a réduit sa consommation de viande, mais trouve exagéré de devenir végétarien, et m'a reproché, classiquement, mon extrémisme quand par la suite je suis devenu végan. Pour les enfants c'est compliqué. Je leur ai, depuis, expliqué mes raisons, avec le plus de douceur possible. Je ne peux pas leur donner une alimentation végétalienne dans la mesure où il y a un différend sur ce sujet entre leur mère et moi. Et quand c'est moi qui cuisine, elles endurent avec patience, mais frustration, le fait qu'il manque une saucisse ou un poisson pané dans l'assiette. 
Beaucoup de mes amis disent que j'ai raison, et donc qu'ils réfléchissent à la question. 

  • Une anecdote sympa à nous raconter ? 
Je me souviens d'un barbecue en famille, il y a deux ans. J'étais végétarien, et pas encore végétalien. Plutôt que des saucisses ou des côtelettes, je me suis fait fondre un camembert sur les braises. Ça a rendu jaloux tous les baffreurs de viande qui m'ont boulotté mon camembert avant de revenir à leur assiette.

  • Enfin, quel(s) conseil(s) et/ou quel(s) message(s) aimerais-tu faire passer ? 
Je n'ai jamais autant apprécié le fait de manger que depuis que je suis végan. J'ai découvert tant de saveurs, et de nouvelles façons de cuisiner ! Par ailleurs, je cuisine beaucoup plus moi-­même, et apprécie d'autant plus le moment du repas, si je peux partager ce que j'ai fait. Par le plaisir que j'ai à essayer de nouvelles recettes, et la détente que ça me procure, je me rends compte que cuisiner n'est pas perdre son temps mais le consacrer, vraiment, à quelque chose d'essentiel. 
Je me sens plus vivant.

Merci beaucoup Fabrice !

(Entretien réalisé par mail)


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1 commentaire:

  1. Joli témoignage, j'en ai noté quelques phrases dans un carnet.....Scènes fortes et drôles aussi...Bravo et merci pour votre engagement.
    Pascale

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